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Malgré la triste finalité de l'engrenage, cet épisode nous a permis de se retrouver dans nos bras toi et moi et on est bien ensemble. J'ai toujours envie de ta présence et de ton attention... Ressucite-moi!

 

Alors via texto, j'ouvre la porte...

"J'ai envie qu'on se revoit"

"Moi aussi, je te dois des $$"

(J'avais déboursé le montant complet pour la location de la chambre d'hôtel et c'est entendu qu'on partage ces frais.)

Je saisis l'occasion, un prétexte incontournable pour te revoir. Les sous, je m'en balance. Toi aussi je crois. Tu me textes que t'es content d'être dans mes bras et sous moi. Je reconnais mon amour de Mec. Je ne sais pas quand on se reverra.

 

Janvier 2014.

Je commence mon nouvel emploi. Ce matin là, je suis frappée par l'obligation de forcer une partie de mon corps à revenir à lui-même. Je rejoins une collègue pour parfaire ma formation avant de voler de mes propres ailes. Je conduis mon squelette direction Sud, le cerveau fonctionnel à un bas niveau. Je sais que je passerai au travers de ma journée car je suis en observation et non en poste sur mon territoire. Aussi, j'ai avec moi quelques noix, des céréales, des légumes et un cordon qui me lie à toi... Mon cellulaire. J'ai tout ce qu'il me faut! Sur la route, mon cellulaire est positionné entre les deux bancs de sorte que je puisse voir le voyant lumineux annonçant la réception d'un texto. J'y jette un coup d'oeil aux 30 secondes, préférant voir apparaître le voyant lumineux qui s'active toujours une fraction de seconde avant le tintement.

 

Une fois rendue, ma collègue m'explique en détail ses actions. J'ai du mal à saisir ses propos. Je la regarde, la suis dans ses explications mais je ne mémorise rien. J'ai dans ma tête mon Babe de Mec. Tout le temps. Mon cerveau est saturé, ma tête, mon corps tout entier est ailleurs. J'ai l'attention dans ma tête, là où se trouve mon Mec ou sur l'écran de mon cellulaire dès que j'en ai la chance. Je me sens incomplète sans mon cellulaire lorsque je suis dans les commerces. Je suis dans un état lymbique. Je ne sais pas si ma collègue s'en rend compte mais je fais de mon mieux pour que ça ne paraisse pas. Ainsi, je ne lui demande jamais de répeter quoi que ce soit même si je ne comprends rien de ce qu'elle m'explique. Advienne que pourra!

 

Sur le chemin du retour, je suis épuisée. Toute la journée, j'ai jeté un oeil sur mon cellulaire dès que j'en avais l'occasion tout en tentant tant bien que mal d'apprendre les details de mes nouvelles fonctions. Au courant de la journée, des petits mot dont Babelicious, Délicieuse Babe, Tu es où... Sont apparus sur mon écran pour mon PLUS GRAND BONHEUR.

En même temps, tu m'invites à la prudence. Sur la route, tu me demandes de cesser de texter. Maintes fois. Ces messages reviennent chaque jour. Le 7, le 8, le 9 janvier... "Sur la route arrête de texter xxx", "Tu es auto arrête de texter", "Texto volant? Non babybelle" puis tu m'embrasses à la 5.

"Sois prudente au volant please :-)"

 

Je suis prudente.

 

Je t'aime profondément et je ne laisse aucune distance entre toi et moi. Mes nouvelles fonctions ne prendront pas le dessus sur l'amour et l'attention que je te porte. Ces moments où l'on se contacte tous les deux me sont tellement précieux que je porte attention à mon cellulaire sur une fréquence assez élevée, quasi maladive.

 

Malgré tout, cet emploi est bienvenu en fait. Il me permettra de m'occuper à autre choses dans ces moments où tu n'as plus de temps pour moi. Dorénavant, je pars chaque matin et je m'ennuie de toi terriblement. Je suis obligée de ne plus te voir car j'ai des obligations qui m'en empêchent. Comme toi d'ailleurs. Malgré mon raisonnement qui me convainc que c'est une bonne chose, je pleure tous les jours.

 

Le territoire auquel je suis assignée, c'est le même que le tien. Je me sens comme une imposteure qui s'approprie ton territoire même si on n'oeuvre pas du tout dans le même domaine. Chaque fois que je me dirige chez des clients, je sens que j'entre chez toi, dans ton monde. Comme si le Nord t'appartenait et maintenant, je suis appelée à y faire ma place. C'est une bien étrange sensation. Parfois, quand j'ai à me déplacer dans des régions où tu n'as pas accès, qui débordent la grande région à laquelle je t'associe, je me sens en marge. Mais mon cellulaire me rapproche toujours de toi.

 

Mon cellulaire entre les doigts, je tiens ta main.

 

On s'aime tous les deux. Sur l'écran de nos cellulaires, on s'embrasse, ça nous fait du bien.

 

Mais ce n'est jamais assez. Jamais assez.