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Tu t'es rhabillé à ton tour.

All I ask ...

On s'apprête à quitter la chambre.

... is if ...

J'ai enfilé mon manteau de duvet et toi ton chic manteau noir. 

... this is my last night with you ... 

 

Puis je retourne au lavabo voir de quoi a l'air mon visage qui brûle d'irritation causée par tes joues rugueuses. Tu y entres, je me retourne vers toi. Tous les deux debouts dans la salle de bain, tu lances aux poubelles la petite boîte de condoms.

- On a plus besoin de ça.

Je ne réponds rien. ( Ce "ça" en question, je m'en fous, ça pu.)

On retourne près de la table récupérer nos affaires. Je te regarde.

 

Je voudrais te retenir un moment, t'embrasser encore, te serrer fort dans mes bras et te respirer profondément mais il se forme une croix dans notre champ magnétique.

 

J'attire ton regard vers moi.

En pointant mon visage, je te demande :

"Est-ce que je suis correcte?"

 

Dans ma tête, en accéléré parce que mon temps est écoulé :

(Dis-moi juste que je suis belle. Dis-moi que je suis belle, c'est tout!)

... Juste pour me laisser croire que dans le fond, je ne suis pas réellement, viscéralement laide et que je te plais. Juste pour que je ne parte pas d'ici plus démolie que je ne le suis déjà. Juste pour que je sache que tu ne te retrouves pas ici pour une foutue baise comme d'autres le font après avoir ouvert la portière de leur voiture sur un coin de rue. Parce que je te connais fort bien et je t'aime profondément et que je ne pourrais pas imaginer que mon grand Amour soit rendu aussi bas. Parce que ça ne te ressemble pas.

Alors dans ma direction, t'as soufflé ces mots à travers tes lèvres :

"T'es correcte"

 

(Je suis "correcte"? Mais t'es qui, toi?)

Je pleure à torrent en dedans. Je suis la Laide, il n'y pas de mot plus juste pour me définir.

 

Tu m'as tourné le dos et t'as posé ta main sur la poignée de porte de la chambre 216.

Je t'en prie... Attends, attends... Prends-moi encore dans tes bras... Mais les mots ne sortent plus de ma bouche.

 

J'y laisse mon âme.