image

 

Tu m'as emmenée... De l'autre coté de la rue.

 

"T'as de l'argent? Parce que je n'en ai pas. Je te le remettrai."

Je sors alors de mon porte-monnaie des billets que j'ai reçus en cadeau hier justement. Je suis épatée face l'idée que l'on se revoit sous peu. On a un prétexte... pour régler ta dette. Ça me convient c'est certain! Dans le fond, je me fous de ta dette, c'est une dépense juste pour nous. J'ai déjà envie de te revoir My Love.

Tandis que tu te rends à l'accueil, je patiente dans ton véhicule. Je me souviens de la consigne de la dernière fois... "Cache-toi." Je n'ai aucune capacité d'interprétation de ces mots; mon coeur et mes sentiments pour toi ont préséance sur toutes les fonctions de ma tête.

Tu reviens et me donnes la monnaie. Je te suis dans les escaliers du motel et pour briser le silence, je te demande le numéro de chambre. (Comme si ça pouvait me sauver la vie... Séquestrée, j'arriverais à texter le numéro pour que l'on vienne intervenir. Ce détail n'est vraiment d'aucune utilité.)

Contrairement à la dernière fois où on a loué une chambre, cette fois, je prends les devants, je suis entreprenante... Une fois le seuil de la chambre franchi, la porte fermée et vérouillée, nos manteaux, nos sacs et ta carte d'identification/d'accès du travail déposés sur la mini-table, c'est MOI qui va fermer le rideau de la fenêtre!

T'es beau comme le jour, tu sens bon Babe... On s'embrasse... Tu me serres dans tes bras. Quand je suis avec toi, je sens la parfaite révolution de la terre.

 

Puis t'es parti... Sous la douche... Et j'ai perdu... Toute mon audace.

 

La rotation de la terre alors s'accélère, la trotteuse se déplace au rythme des croches.

 

Une porte entrebaillée me sépare de toi et j'atteins le degré zéro sur l'échelle de l'initiative. En ne poussant pas la porte, je risque la déception et le regret mais je n'ai pas envie de prendre le risque de te déplaire. Le temps file mais j'attends patiemment parce que... je te respecte. Aussi, je te ferai mentir pour toutes les fois où tu m'as dit "cochonne". Tu me croiras, je suis purement Amoureuse.

Mais le temps... J'imagine que le compteur du temps que nous passerons enlacés ne se mettra en marche que lorsque tu seras dans mes bras et que je serai dans les tiens. Le temps que tu passes sous la douche, on le reprendra tout à l'heure puisque c'est pour être ensemble toi et moi qu'on se retrouve ici!

 

Pourtant, ça sent... La fin des temps.

 

Dans le fond de ma cage, j'écrase ma profonde et contrôlée impatience en concentrant mon attention sur mon rythme respiratoire plutôt que sur la folle trotteuse. Dans la situation où je me trouve, je travaille pour atteindre le sommet de l'échelle de la patience.

 

Mais ta douche

Me paraît

Interminable.