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Tout comme septembre et octobre, les mois de novembre et décembre 2013 sont des mois difficiles à passer.

T'es là au bout de mes doigts sur les réseaux sociaux ou sur SMS. C'est comme ça qu'on se fait du bien ou qu'on s'ennuie l'un de l'autre. On s'aime bien évidemment, toi et moi et c'est insensé d'être séparé ainsi. Insensé d'être à quarante-cinq minutes de distance et de n'avoir aucune occasion de se voir. Insensé de s'espérer via texto sans se toucher. C'est triste, c'est douloureux, ça me tue mais je survis... Ça porte un nom tout ça : un supplice.

Chaque jour je pleure le vide qui m'habite par mon envie profonde, très profonde, de te revoir parce que ça ne vient jamais.

J'ai les doigts plein de sang à me prendre le ventre. De mon plexus solaire à mon nombril, s'allonge une profonde incision. Je pleure tous les jours. Je vomis chaque fois mon intérieur. Je cesse souvent mes occupations pour pleurer jusqu'à bout de souffle.

Je suis démolie. Pour passer au travers, les courts moments où j'étends doucement la crème sur mes yeux ne suffisent plus. Une forme de compensation plus soutenue est nécessaire. Je me lance donc à la cuisine. Qu'il soit 5 h 00 ou 23 h 00, je cuisine. Des muffins, des biscuits, des salades inventées, je cuisine et cuisine... Au grand plaisir des enfants. Je le fais pour eux car j'ai dédain des plats sucrés. J'ai une sweet demie; le sucre blanc, je le laisse aux autres. Sur ma langue tatouée, le sucre, de toute façon, n'a plus de goût. Je cours aussi. Je cours souvent. Je compte mes kilomètres à coup de cinq et le froid de l'automne ne ralentit pas mes envies de sortir.

Entre toi et moi, je ne comprends pas trop ce qui se passe en fait...

Soit que t'es enchaîné et que tu prends tes distances contre ton gré. Parce que ton gré je le connais, tu me l'as étalé maintes et maintes fois. Nous deux on s'aime, on est bien ensemble, on a envie de se voir parce que ça fait du bien et qu'on se plaît, nous sommes des confidents, des amants amoureux.

Soit que tu joues le jeu du gars follement amoureux qui a sauté la clôture et qui tente maintenant de retourner sur son terrain tandis que je t'empoigne. 

Mais cette dernière, je n'y crois pas parce que je le sais à quel point on s'aime tous les deux. Tu le sais aussi mon Amour.

 

Alors ça m'inquiète...

- "Est-ce que t'es heureux Babe? T'es heureux? Est-ce que tu vas bien?..."

Chaque fois tu me réponds...

- "Oui"

Comme si quelqu'un guettais ta réponse par-dessus ton épaule. (Dis-moi les vraies affaires my Love. Dis-moi : ton coeur, il suffoque?)

 

Alors je pleure et je pleure encore.

 

Je pleure chaque jour et je souffre beaucoup.

Je tremble.

J'ai le ventre ouvert.

Le goût du sang dans ma gorge.

Ça y est, je pleure du sang.

Encore et encore...

Je tremble.

Si le cancer est lié aux émotions négatives, je ne sais pas ce qu'il attend. Il me guette certainement.

Je pleure.

Les doigts plein de sang, je vide des boîtes de mouchoirs et lave les planchers à l'eau salée.

 

Non.

 

Non...

 

Fuck you...

FUCK YOU BABE

FUCK YOU (et là ton nom au complet sort de mon ventre)

La suite est connue mais...

Je déteste ces mots

J'en ai des remords

Tu ne les mérites pas

Devant toi je serais muette

Je te respecte bien trop

Je ne veux que ton bonheur

Si tu es bien ainsi

BABE

Que je love

Soit.

 

Mais FUCK YOU parce que la fille finie meurt avec.

 

"T'es qui? Un salaud?"

 

Silence.