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J'ai 20 ans de moins. Au fond de mon coeur, je suis rayonnante et aiguisée. Je te suis entièrement réservée, je suis sur un nuage!

...Qui n'a aucun moyen de retenir mes os. Je chute librement. Juste en-dessous, un trou noir, tout au fond un plancher de béton. Avec rien ni personne dedans pour m'attrapper.

C'est difficile de tenir en mode survie jour après jour. Ça draîne quelqu'un de chercher le positif quand il ne vient pas mais j'y arrive, c'est dans ma nature : je déborde de positivisme depuis toujours, je sais voir le beau, le bon coté des choses. Physiquement, c'est différent : je deviens laide. Le miroir me le renvoie chaque matin mais je me rappelle chaque fois combien tu m'as trouvée belle et c'est comme ça que tu m'aimes. "T'es belle, t'es "cut"! ", me disais-tu le jour où l'on s'était donné rendez-vous derrière le supermarché. Quand je me regarde et que je vois combien je suis laide, je me console en me regardant l'intérieur. Je déborde de sentiments profonds pour quelqu'un. Je me console de ma laide coquille en me disant que ce qui compte c'est ce qu'on a dans le coeur et je connais le grand amour, l'extase même.

Si tu me voyais... Je serais devant toi comme au petit matin de printemps où la rosée et le soleil se mettent complices pour éblouir le regard de quiconque tente de les regarder en ouvrant d'un grand coup les rideaux occultant d'une pièce grandement vitrée, face vers l'Est. Mais je me lève chaque matin dans mon sous-sol avec deux petites fenêtres pas de rideaux, à l'ombre d'une imposante haie de cèdres, sans issue direction Nord, là où tu te situes. Je me lève chaque matin comme une moitié de moi-même qui se donne la mission de terminer la journée avec deux émisphères à son cerveau, deux ventricules à son coeur, deux poumons, comme tout le monde.

Et tu ne me vois pas. Et je ne te vois pas. Et je t'écris parfois et tu me réponds sans empressement. Et tu m'écris souvent et je réponds avec empressement puis tu fermes la porte avec diligence. Alors je ne rayonne plus et c'est ainsi que je deviens laide.

Je pleure tous les jours. J'ai du mal à me traîner jusqu'au supermarché. Je ne souris plus, ne parle plus aux employés du commerce, je regarde parterre, je mens chaque fois que la caissière me dit : "Bonjour, vous allez bien?". Je focus sur autre chose pour éviter de fondre en larmes coincée entre les postes de paiements, mon panier et le prochain client.

Je suis atteinte d'une profonde peine chronique. Touchée droit au coeur, j'en suis sévèrement atteinte dirait-on mais je saurai me soigner moi-même. Tu me l'as demandé : "Sois forte". (Comme tu veux My Love. Tu verras, ça ira.) Aussi, je te couvre mon amour, je ne ferais rien pour te mettre dans l'embarras. Si je suis si triste, c'est parce que je suis à une distance intolérable de mon être cher et qu'il me manque horriblement.

Les enfants sont à l'école, mon coloc au travail. J'entre à la maison et ferme la porte d'entrée derrière-moi. Je dépose les sacs d'épicerie sur le comptoir et prends soin de ranger les aliments réfrigérés. Je franchis la porte qui mène au sous-sol et la ferme derrière moi. Je franchis la porte qui mène dans la pièce secondaire du sous-sol et la ferme derrière moi. Je franchis la porte qui mène à la salle d'eau et la ferme derrière moi. Je m'asseois au sol et c'est là que ça se passe.

 

 

FUCK YOU

FUCK YOU, BABE

FUCK YOU BABE

Ça me sort du ventre

FUCK YOU

POURQUOI TU TE FOUS DE MOI.

FUCK YOU (puis ton prénom)

Ça continue et ça continue...

Jusqu'à bout de souffle...

FUCK YOU, fuck you MY LOVE

FUCK YOU

Il y a de l'eau partout parterre. J'essuie mes larmes sur le plancher.

FUCK YOU PIS TES HISTOIRES

FUCK YOU B-MEC

J'ai mal jusqu'à l'âme.

FUCK YOU

FUCK YOU PIS TES BEAUX YEUX. PIS TA BOUCHE

entre mes jambes

FUCK YOU BABE.

Je n'ai plus de voix et je continue

FuCK yOU my lOve

Je pleure.

fuck you

FuCK yOU

fuck you Babe

mon amour

my love

my Babe

je te love

tant

 

 

 

Ça va mieux maintenant.