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Il vient un temps où l'espoir ne suffit plus.

Être si prêt du bonheur puis le voir s'éclipser sur cellulaire, c'est triste. Mes trippes, mon coeur, ma tête n'ont plus de poids. Je pleure chaque centimètre qui me sépare de toi, chaque seconde où je déborde d'espoir puis qu'un texto de désistement se pointe sur l'écran de mon cellulaire. Toi, tu fais suivre ces désistements d'un "lol"... (Parce que La Vita è Bella sûrement!)

Je ne comprends plus rien. Je suis déroutée. Je pleure tout le temps.

Mais tout ça, ça ne concerne que moi. T'en ferais quoi de savoir que je me transforme en déluge chaque jour? T'as pas besoin de le savoir. Je suis ton rayon de soleil, ta source de bonheur.

Si je pleure si souvent, c'est à cause des circonstances. Tu es occupé, tu as les mains liées, on a besoin de toi ailleurs... Si on ne peut pas se voir comme on le souhaite, c'est que tu n'es pas libre. Surtout pas parce que tu ne le désires pas. Ma source de bonheur principale c'est toi.

Et alors parce qu'on te retient de toutes les façons possibles et inimaginables, je pleure en priant pour que tu sois heureux, pour que tu sois bien. Et qu'un jour on se retrouve naturellement au gré de nos désirs. Et je pleure d'être séparée de toi, de cette distance qui me sépare de mon âme soeur. Ça m'attriste profondément.

Je pleure tout le temps.
Et je berne mon entourage.
Parce que ça ne concerne que nous.
Ma peine. Et moi.

Ce soir-là, j'ai une réunion prévue à Montréal pour l'organisation annuelle d'une soirée chic alors je m'y rends et puisque je suis seule dans la voiture, j'ai des larmes qui coulent sur mes joues. J'ai toujours des larmes qui coulent sur mes joues quand je suis seule. Mouchoir sous l'oeil droit, mouchoir sous l'oeil gauche, je fais disparaître les coulisses de mascara. Je mettrai du gloss sur mes lèvres, ça fera l'affaire. Mon GPS m'indique que j'y serai sous peu. Je respire profondément, ravalle ma peine, la repousse au fond de mon ventre. Je me regarde dans le rétroviseur et souris. Ça ira. J'ai les yeux démaquillés mais je suis une fille au naturel. Ça passe.

Sur place, il y a des gens que je connais, d'autre pas.  Tout le monde est souriant et chacun se présente, je fais de même. J'ai la tête ailleurs que dans mon ventre pour la durée de la réunion. Pas le choix.

Puis un des bénévoles (un nouveau), dont j'oublie son nom, assis à l'autre bout de la table s'adresse à moi :

- "Toi Sonia, t'es une personne sociale, avenante, souriante, joyeuse. Ça se voit que tu es à ta place dans l'organisation d'un tel événement. Je m'en suis rendu compte tout de suite quand t'es entrée sur la terrasse."
- "Merci".

(Tu ne sais pas ce que tu dis, "bénévole nouveau". Tu t'adresses à la fille la plus triste sur terre et en ce moment, elle se trouve physiquement à une quarantaine de kilomètre aux limites de la distance acceptable de son âme soeur et alors elle est en mode "j'ai hâte que ça se termine". D'ailleurs, la tête ailleurs, elle tente tant bien que mal de suivre les conversations. Car ce qui la préoccupe avant tout ce n'est pas la réussite de l'événement mais la présence de son âme soeur partout à l'intérieur son être.)

Je prends des notes parce que ma tête s'absente par grands coups.

Le "bénévole nouveau" et les autres, tout comme mes proches et ceux qui sont moins proches, ce n'est pas de leurs affaires mais je connais un gars qui est ma moitié et il est là dans ma tête et dans mes trippes et dans mon coeur et il me manque terriblement et quand je franchirai le seuil de la porte pour quitter la réunion, bien toute mon attention sera redirigée vers mon intérieur où il a sa place et alors je fondrai en larmes. Parce qu'il me manque terriblement. Et ce torrent s'écoule sur mes joues chaque fois que je me retrouve seule parce que tout ce qui engendre cette affliction, bien c'est notre secret bien à nous, juste à nous mon Mec et moi. Les autres, tous les autres qui me voient heureuse, je les berne.

J'ai pris place dans ma voiture, j'ai bouclé la ceinture de sécurité autour de ma cage et sorti la boîte de mouchoirs. J'ai essuyé ma joue droite, ma joue gauche. Mes paupières encore et encore. Je ne brille plus, c'est évident.