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Tu me manques tout le temps. Je marque les minutes qui passent et passent et passe les mouchoirs sous mes yeux.

J'ai mal partout sous ma cage et en redoublant d'efforts pour retenir ma douleur, viennent certains moments où je flanche. Toutefois, je ne pleure jamais devant toi. Jamais quand je t'ai au bout des doigts. C'est quand tu disparais que je déroute.

Parfois, en tant que mon Mec-confident, tu reçois des bribes de ce que je vis en dedans et tu y vois des crises de panique. Pourtant, ce n'est rien de trop grave mais "ça te fait peur" dis-tu car... "si on va trop loin trop vite, ce sera impossible de souper les deux familles ensemble". (Je comprends. Alors prends ton temps Babe. Prends ton temps...)

Et alors je m'appaise. Puis tu m'embrasses avec les doigts. Je t'embrasse au centuple mais je ne veux pas te faire attendre à les pitonner sur mon cellulaire alors je t'en envoie trois en retour. Parfois davantage et je me croise alors les doigts pour que tu me les retournes. Tu ne me les retournes pas. Ce n'est pas un jeu.

Quelques sages réflexions m'amènent à suggérer via texto qu'on se laisse le temps de se détacher un peu l'un de l'autre puisque c'est difficile. Et alors tu m'embrasses avec les doigts.  Puis tu me dis que tu souhaites me voir. Et que tu as envie de me frenchkisser parce que tu aimes me frenchkisser. Tu fais fi de ma suggestion. Tu grognes et puisque tu peux voir dans ma tête comme à travers une vitre, tu peux te permettre de me dire : "tu sais bien qu'on continuera à se voir" et tu as raison. Je n'ai pas envie de me distancer de toi et tu n'as pas envie de te distancer de moi. Je le sais bien.

Ça n'a pas tardé. Deux jours passent puis...

"Je suis heureuse de t'avoir vu aujourd'hui tu sais?"

"Moi aussi tite fesse" (sic)

J'étais ta Babybabe. Avec le temps, je me transforme graduellement en fesses. Ce n'est rien. Entre amoureux, ces petits surnoms sont des marques d'affection. Les surnoms que tu me donnes affectueusement, je les aime tous : les founes, tites fesses, la grosse... Ça nous appartient, c'est acceptable, bienvenu. Venant de toi Babe, j'aime ça. Beaucoup.

Nous, on se dit tout. J'en perds mon jugement. Tu me dis que mes phéromones te font saliver, tu écris que tu avais envie de me déshabiller quand on s'est vu plus tôt aujourd'hui, que je goûte bon et que ton cerveau a mémorisé mon odeur et "my taste"...

Je n'avais pas envie que tu partes, j'aime être à tes côtés, me retrouver dans tes bras, te parler et te regarder dans les yeux, te frenchkisser aussi et tes androstadiénones... m'enivrent.

 

***

 

J'ai le corps qui se déplace vers la ville de Québec. Des clients attendent ma visite pour des présentations de produits. Je connais à peine les produits à présenter parce que j'ai du mal à étudier, ma préoccupation et mes intérêts premiers étant toi, toi et toi. Rien d'autre. Sans trop savoir quoi leur dire et pourtant sans stress parce que tout ce qui m'importe c'est toi, je me dirige donc vers l'Est en me convainquant que trois heures de route, c'est dans les limites de l'acceptable en terme de distance qui nous sépare. Je reviendrai demain. Ce n'est pas trop long comme séjour. Les clients? Je ferai de mon mieux pour les informer, comme d'habitude. Via texto, tu me demandes à la blague si j'ai un amant là-bas. Voyons! Quelle absurdité my Love.

 

Ville de Québec.

J'immobilise mon véhicule sur le bord d'une rue d'un quartier résidentiel pour lire ton texto...

"J'ai encore envie de toi de nous mais sans pleures et sans attentes"

Tous mes muscles se relâchent à l'exception de mon coeur qui frappe fort l'intérieur de mes côtes. Je suis forte. Sans pleures et sans attentes bien sûr. Bien sûr.

Bien sûr... Je vivrai le moment présent et juste après, je ferai le vide de mes désirs, de mes souvenirs, j'oublierai le goût de ta sueur, son brillant sur ta peau puis sur la mienne, ton odeur... Je ferai le vide de l'image et de la sensation de tes mains partout sur ma peau, de tes paroles, de ta bouche et de toutes les sensations auxquelles elle me soumettra. Je me donnerai, t'embrasserai. Me déshabillerai, lècherai chaque centimètres de ta peau pâtisserie-régalisse comme je le désirais tant lors de notre moment d'intimité à l'hôtel il y a de cela six mois puis j'oublierai tout. Parce que notre amour si profond, il faut le tuer une fois qu'on y a goûté. Ça ne fait aucun sens mais je t'aime. Je t'aime. Je retourne chez moi.

 

***

 

On s'est donné rendez-vous dans un stationnement. Je t'ai rejoint dans la chambre immatriculée E70. On a craqué tous les deux. Sur la banquette arrière, on s'est étreint, on s'est caressé, on s'est "frenchkissé" aussi. Comme on aime. T'as fait un c avec ta langue puis ton biceps s'est fortement appuyé sur mon oreille droite. Tu retiens ma tête parce que tu te soucis de mon confort en même temps que tu te soucis du mouvement du véhicule. Je t'embrasse partout, je fais un p avec ma langue puis je m'arrête pour... tatouer sur ma langue la lettre p puis juste en-dessous, les vingt-trois lettres, espaces et caractères qui forment ton nom au complet, suivi de ma signature. C'est un addenda au contrat initial* puisqu'à compter de ce moment, ma langue et la lettre p forment une combinaison exclusive à toi seul. Prenant naissance dans mon cerveau puis résonnant dans toute ma cage, quatre mots s'enlignent et je les susurrent d'un souffle, tout doucement à ton oreille : "Ça fait du bien." Ça te plaît. Tu les enregistres et les classes de manière bien ordonnée dans ton cerveau. Juste à côté de mon odeur et de "my taste" je crois.

 

Je n'oublie rien, pas même le moment où j'ai passé mes doigts sur ton visage en te regardant dans les yeux et en te disant doucement que tu as chaud (je te trouve beau), ni tes vêtements, ni ceux que je portais à ce moment-là, ni les chaussures que j'avais aux pieds, ni l'image de mes cuisses par-dessus les tiennes.

 

Avec l'envie profonde que ce moment d'intimité soit accessible comme bon nous semble, j'ai bouclé ma ceinture.

Je me suis dirigée vers le Sud.

Toute seule avec l'envie viscérale de rester avec toi.

Ton odeur et "your taste" bien classés dans ma tête.

Un tatoo sur ma langue.

 

Pour m'assurer qu'il ne t'arrive rien de mal et pour te rappeler que j'existe, je te texte : "Assure-toi qu'il n'y ait pas de marque de talon sur la portière."

"Merci Babe" 

 

Je suis repartie avec mes souvenirs, mes attentes et mes pleures.  

 

 

 

 

*  (réf. texte "Le contrat", catégorie "Partie 2 - Engagement")