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Je t'ai souhaité bonne nuit via un message privé puis en pensée juste avant de m'endormir, comme d'habitude.

Étendue sur mon lit queen comme dans un lit simple, bien droite, sans trop m'étendre afin d'éviter tout contact avec mon conjoint-coloc, je fais toujours face à la fenêtre de la chambre. Je lui tourne le dos.

Cette nuit-là, il s'approche et place sa main sur ma taille. Ça me réveille. J'ouvre les yeux puis les referme. Sans bouger. Ma tête dit non. Je fais semblant de dormir.

Il fait glisser ses mains sur ma peau. J'ouvre les yeux, puis les referme. Je ne veux pas voir ses doigts sur moi.

Il effleure ma peau avec ses lèvres et m'embrasse. Je lui dis : "non, je n'en ai pas envie". Je n'ai pas envie de sa bouche, de ses mains, de son souffle... Mais ses doigts et sa bouche ne me laissent pas.

Mes bras sur les côtés, j'agrippe les draps. Mes doigts, je ne les veux pas les voir sur sa peau. Je ne l'étreine pas, n'effleure pas mes lèvres sur sa peau, ne l'embrasse pas.

Je ferme les yeux et je ne pense qu'à toi mais... ce n'est pas ton odeur, ce n'est pas ta peau, ni tes mains, ni tes mots, ni ta bouche, ni tes yeux, ni ta présence. Je garde les yeux fermés et ma main sur ma bouche qui dit non à répétition.  Mes doigts essuient mes larmes. 

Je tourne la tête pour ne pas respirer son souffle.

Je murmure : "Excuse-moi Babe, excuse-moi..." C'est tout ce qui me passe par la tête.

Mon respire profond m'aide sans succès à contrôler mon mal et ma peine qui s'étendent partout sous ma cage thoracique. J'entends ma respiration, je sens mes larmes couler sur mes joues et choir dans mes cheveux. Je les essuie avec les draps. Je ressens une tristesse profonde de me retrouver dans d'autres bras que les tiens. Je me sens infidèle contre mon gré. Je suis infidèle et ça me tue.

Je n'ai pas passé un bon moment. Je n'avais pas d'affaire là et je m'en veux.

 

Le lendemain, je déménage au sous-sol. Je m'y fais un lit sur le futon d'invités. Le sous-sol? C'est ma nouvelle chambre.

J'ai besoin de repos mais surtout, il n'est plus question que je me retrouve dans les bras de mon conjoint-coloc. C'est pour moi la source d'un fort désagréable sentiment d'infidélité et par respect envers moi, envers toi aussi, ça n'arrivera plus.

(Je te raconterai tout ça quand on se verra parce qu'on n'aborde pas ce sujet à distance, comme entendu. Un jour, je te dirai tout... Tu es mon confident.)

- "Je dors au sous-sol maintenant."

- "T'es rendue là?"

- "Oui."

Je n'irai pas plus loin dans mes explications. Je ne crois pas que t'en aies envie.

 

Bague au doigt ou pas, dans tes bras, Babe, loin de moi l'infidélité. Loin de moi. J'y retrouve l'harmonie parfaite entre ma tête, mon coeur et mes actions.