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C'est ainsi que je disparais...

Tu me textes.

Je ne réponds pas, je ne réponds plus, même si j'ai l'envie constante de te texter en retour. Alors je m'efforce sans cesse de détourner mon attention sur n'importe quoi. De tout mon intérieur, tu m'habites, je te love, tu me loves je le sais, tu m'accompagnes... Ainsi, malgré la distance, je me sens bien. Grâce à toi, je suis belle et complète. À distance, sous silence, sans contact, peu importe, je suis avec toi. On n'est jamais loin tous les deux. Et toi Babe-Mec, tu ne t'acharnes pas, tu ne me textes qu'une fois et tu attends. Tu parais patient mais tu ne l'es pas : tu comptes le temps qui passe en intervalles de 40 secondes pendant que je me félicite tristement de tenir le coup à chaque tour complet de trotteuse.

"Sois forte" me demandais-tu lors de nos dernières communications via texto. Je m'en remets à ce bon conseil en ces périodes difficiles que sont celles d'ennuie profond. Par ailleurs, je me souviens de la fois où j'ai dû prendre 2 ou 3 heures pour répondre à un de tes textos, la fois où tu m'avais dit : "Ne me fais plus jamais ça."

J'avais ressenti le choc jusqu'à ma moelle...

Ça t'avait fait mal et je veux te sauver la vie tellement je t'aime mais, et, alors, pourtant...

Je suis ta Babe et je désire tout ce qui te plaît et si tu m'as contacté, c'est que tu voulais qu'on se parle.

Tu voulais des nouvelles?

Me donner des nouvelles de toi?

Comment vas-tu?

Que fais-tu maintenant?

Comment vis-tu ce silence?

Je ne veux pas que ça nous brise.

Je veux que tu sois bien, heureux, complet.

Je ne veux pas que tu partes.

Je ne veux pas partir...

Je ne pars pas vraiment.

Je ne pars pas tu sais... Tu es mon Amour...

Tu sais?...

 

Je craque. Mes doigts sur le clavier de mon téléphone cellulaire sélectionnent ton numéro sauvegardé (sans nom) puis le bouton d'envoi. On est aux petites heures du matin, t'es au travail. Le message discret peut laisser croire à une erreur d'envoi (prudence oblige).

 

Au final, j'aurai tenu le coup très longtemps. Assez longtemps. Deux jours. Deux jours à cocher dans ma tête chaque intervalle de 60 secondes passé à résister à te répondre entre le moment où j'ouvre les yeux et celui où je m'étends sous le drap qui ne retrouve toujours pas son identité. Je ne sais plus pourquoi je me pousse. En fait, je ne réponds à aucun de mes désirs intérieurs ni à aucune morale.

Deux jours... C'est une éternité deux jours! Et tu le sais. Regarde-toi... Tu comptes le temps qui passe, tu calcules... Sur texto, ta réponse se formule ainsi:

"Ça t'a pris trois jours pour me répondre"

T'as pas besoin de me dire que ça fait mal.

Je te corrige : "Deux jours"

J'ai ma leçon. C'est inutile de fuire mon Mec, mon Amour. Je vais ainsi contre nature. C'est... Ça devient... Insoutenable. Pour toi aussi ça l'est. Tu décortiquais le temps qui passe en tranches de 40 secondes et tu cochais chaque fois une minute de sorte qu'après 48 heures, le temps passé sans contact quelconque t'a paru trois jours. 

Puis tu me questionnes par texto:

"Tu as un nouvel amour?"

NON! Impossible. Rassure-toi. Je te love entièrement. Personne n'a accès à ma bulle sauf toi, sinon de force - femme mariée - et alors je pleure.

Ta question m'ébranle... Je te la renvoie : "Toi?"

- Non.  

Je suis heureuse et soulagée.

 

Puis tu m'écris : "Tu es sexy et jolie en vêtements de ski de fonds" (Tu consultes régulièrement mes publications sur Facebook, j'y ai mis une photo de moi lors d'une sortie à ski.)

(Tu me trouves "jolie"? - je pèse la valeur de chaque mot... Tu me fais sentir belle pourtant!)

Tu poursuis : "Tu passes quand?"

"Je pars à l'extérieur de la ville pour un congrès ce weekend."

"Ok bonne journée, j'espère te voir avant ton départ miss xxx. Love xxx. Bon weekend congrès Babe."

Je suis amoureuse. Je ferais un détour d'une heure pour te regarder dans les yeux et te respirer... Pour que tu me serres... Serre-moi dans tes bras, prends ma main, croise tes doigts avec les miens, tiens ma taille tes pouces sous mes côtes...

Je boucle la ceinture, direction nord. Tu m'attends dans un parc. Je suis vêtue Casual Business et porte exceptionnellement des talons hauts. J'arrive, tu souris, moi aussi. Je suis bien. Main dans la main, on fait une promenade et on discute, on se regarde dans les yeux. Tu caresses ma jambe de la cheville au genou. Les doigts de ta main droite enlacés à ceux de ma main gauche, je te respire et on s'embrasse. Le temps file, je dois y aller... Le plein de ton souffle jusqu'au fond de mes bronches, heureuse et complète, j'en veux à la trotteuse qui fait le tour du cadran en accéléré quand je suis à tes côtés.

Nous deux, on s'aime.

En personne, à distance, en silence aussi.