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- Lettre de rupture, page 1 : http://www.canalblog.com/cf/my/?nav=blog.manage&bid=1378199&pid=33105465

 

 

Puisqu'on ne vivra jamais tous les deux

Puisqu'on est fous, puisqu'on est seuls

Puisqu'ils sont si nombreux

Même la morale parle pour eux

J'aimerais quand même te dire

Tout ce que j'ai pu écrire

Je l'ai puisé à l'encre de tes yeux

 

Je n'avais pas vu que tu portais des chaînes

À trop vouloir te regarder

J'en oubliais les miennes

On rêvait de Venise et de liberté

J'aimerais quand même te dire

Tout ce que j'ai pu écrire

C'est ton sourire qui me l'a dicté

 

Tu viendras longtemps marcher dans mes rêves

Tu viendras toujours du côté

D'où le soleil se lève

Et si malgré ça j'arrive à t'oublier

J'aimerais quand même te dire

Tout ce que j'ai pu écrire

Aura longtemps le parfum des regrets

 

Puisqu'on ne vivra jamais tous les deux

Puisqu'on est fous, puisqu'on est seuls

Puisqu'ils sont si nombreux

Même la morale parle pour eux

J'aimerais quand même te dire

Tout ce que j'ai pu écrire

Je l'ai puisé à l'encre de tes yeux

 

L'encre de tes yeux, paroles de Françis Cabrel.

 

 

En réalisant de qui sont tirées ces paroles, ton court commentaire a porté sur les déboires quelconques de l'auteur. Ce n'était d'aucune importance. Après la lecture rapide de la deuxième page, tu as replié ensemble les pages en disant que tu ne peux pas garder la lettre, que tu ne sauras quoi en faire. Même si j'avais pris soin de ne pas la signer, je resentais ton malaise d'avoir à la cacher quelque part.

- Je vais la reprendre, je saurai quoi faire avec.

J'ai le poids du monde entier sur mes épaules mais je ferai ça pour te sauver du risque lié à la découverte d'une telle lettre. Je ne la détruirai pas car ce serait l'équivalent de jeter une partie de moi à la poubelle. J'y ai déposé certains de mes plus profonds sentiments. 

Je la rangerai bien au fond de mon sac de ballerine.

Bien avant le moment où j'ai tendu cette enveloppe vers toi, quand l'idée m'est venue de t'écrire ces deux pages, j'ai commencé à fondre en larmes. C'est inhumain et contre nature que d'écrire une lettre de rupture à l'intention de l'homme pour lequel je respire, celui qui fait battre mon coeur. Se faire hara-kiri, c'est pareil. Quand je les ai rédigées, j'ai dû me reprendre à quelques reprises, mes larmes faisant gondoler le papier ou transformant en étoiles certains traits de stylo. Aujourd'hui, je te l'ai remise avec une force inconsciente mais je pleure sous ma cage. Dans le fond, je t'aime.