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Si je ne dors pas cette nuit-là, c'est aussi parce que j'en suis venue à sentir la nécessité de tirer ma révérence et à prendre action de manière tangible, et je l'ai fait. Ce Mec habite mon âme constamment et depuis deux mois, j'ai le coeur qui déchire chaque fois qu'il fait un pas derrière, chaque fois qu'il tourne la tête. Et j'ai le coeur qui guérit...

Chaque fois qu'il refait un pas devant

Chaque fois qu'il me dit que je suis belle

Chaque fois qu'il me surnomme Babybabe ou My Love

Chaque fois qu'il me dit que je suis jolie

Chaque fois qu'il m'appelle "la grosse"

... Puis bêtement : "les fesses".

Je ne peux plus tenir le coup.

 

Cette nuit-là, je vivais un moment de rêve, oui, de rêve : en passant un moment en toute intimité avec toi. Juste nous deux, les rideaux fermés.

Nous soulignions notre première année... et bien tristement la dernière.

Avant de quitter la chambre de motel: 

- Je t'ai écris une lettre.

Je plonge la main au fond de mon sac et te tends l'enveloppe dans laquelle se trouve une lettre manuscrite. Tu retires de l'enveloppe les deux pages et en restant debout à côté de la table où sont déposés nos sacs, tu en fais silencieusement la lecture. J'ai envie d'insister pour que tu la lises à voix haute mais je me ravise.

 

"C'est spécial ce par quoi on est passé... nos messages, nos

paroles, nos étreintes, nos baisers, nos désirs, nos émotions,

notre amour, tout!

 

Parce que je me suis sentie désirée comme jamais auparavant,

et que je t'ai désiré comme jamais et avec une telle intensité!

...Tu as connu un côté de moi que je ne connaissais même pas, au

point de ne plus me reconnaître moi-même et d'en être vraiment

gênée. Mais je ne regrette rien car j'ai toujours été sincère et

honnête. Tout ce que j'ai vécu c'était intensément ressenti dans ma

tête, mon coeur, mon ventre, mes trippes, mon âme.

 

Avec du recul, je te remercie d'avoir pris les devants de notre

séparation car avec tout l'amour pour toi qui m'habitait, j'en aurais

été incapable. Je comprends maintenant comme tu disais, que les

distances affaiblissent les relations mais je sais aussi que ça ne change

aucunement la place que tu as dans mon coeur, dans mon âme. En

parallèle à nos échanges passés et maintenant trop rarissimes, je t'aime encore

profondément, rien de moins. Mais je veux ton bonheur comme tu l'entends.

 

Comme toi, je suis en amour avec mes enfants et ma place, comme bonne

mère de famille, est nulle part ailleurs qu'auprès d'eux. Je les adore, j'en suis

fière et heureuse avec eux. (sic)

 

Je ne tiens pas à ce qu'on coupe tout contact toi et moi car je

t'apprécie et que ça me rend heureuse d'avoir de tes nouvelles de temps

en temps, même si ce n'est pas souvent."

 

En regardant la lettre, tu mets des paroles sur ce qui te passe par la tête : 

- Tu as une belle écriture.

- Merci.

Dans ma tête, dans mon coeur, je pleure à torrent mais tu es là (en beauté) devant moi alors j'ai les yeux qui pétillent. Tu ne te rends compte de rien.