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C'était un samedi 29 septembre. Celui de 2012.

C'est le jour des mariages! Tous les deux, on se met beau. Toi t'enfiles ton habit, moi, je me mets chic aussi.

Cet après-midi là, tous les deux on se dirige vers le nord, avec nos familles respectives. C'est jour de noces et on assistera à l'union de couples qui se diront oui pour la vie dans les heures qui suivront. Deux mariages différents à deux endroits différents. 

Assise du côté passager, les enfants en arrière, je tourne la tête vers la droite juste après la sortie 39. Mon regard est chaque fois attiré vers le commerce de 4 roues parce que le tableau d'affichage publicitaire juste devant, aux abords de la route, bien... j'aime le regarder. J'en ai rien à faire du commerce de véhicules. En fait, est-ce un commerce de véhicules 4 roues ou de motomarines? Je n'en suis pas certaine. Passé ce point, je garde la tête penchée vers la fenêtre, perdue dans mes pensées. Je fuis l'image de gauche, ce n'est pas celle que je souhaite voir à côté de moi.

Cérémonie. Ces paroles du célébrant que j'entends, ces rituels qui se passent devant nous... Il y a de cela 12 ans, c'était moi qui disait oui. Je n'y crois pas, je n'y crois plus. Quelqu'un ne peut pas s'engager à la vie à la mort sous signature! Ce n'est pas ça l'amour, le vrai. Le vrai amour est celui qu'on renouvelle chaque jour. Celui qui nous enveloppe, nous remplit, celui qui ne nous quitte jamais de l'intérieur.

Au cours de la soirée, je me retire un certain moment pour te texter. Tu devines ma cachette. Je n'ai pas de raison, jamais, pour ne pas me rendre disponible pour te faire signe à l'occasion. Toi, tu reçois chaque fois mes messages avec plaisir. Tu n'es jamais bien loin my love de Mec. Tu m'écris : "Tu es la plus belle de la soirée, Babybabe." Je suis heureuse de te lire. Tu es le plus beau en tout temps, en tout lieu et tu me fais du bien. Je te réponds que la plus belle, c'est la mariée! "Fil ou bobette?" Je te laisse voir sous ma robe en te textant la réponse. Puis tu m'encourages à retourner à la réception... On s'embrasse avec les doigts. On pourrait me chercher...

Parfois, je me demande comment je fais pour mettre un pied devant l'autre tellement ma tête est occupée à penser à toi. Ouff... Je suis vraiment multitasking!

Mon jonc de métal me rappelle que je suis engagée. Mon coeur, ma tête ne le sont plus. Tu peux jouer avec mon jonc, le tourner, le retirer, le remettre. Tu l'as fait d'ailleurs, comme si tu me mariais. Mais mon coeur, nos coeurs, eux ne jouent pas.

La signature n'est qu'accessoire, c'est un piège. Quelle pratique archaïque! Le temps passe puis on balaye sous le tapis nos sentiments véritables, nos coeurs... Toi, tu n'as rien signé. Tu as bien fait sûrement.

La soirée terminée, ma famille et moi restons à l'hôtel où nous avons réservé un petit studio pour la nuit. Je m'endormirai sur le divan-lit champion de l'inconfort. Mon fils s'est endormi à côté de moi, la tête au pied du lit, les pieds sur l'oreiller, fatigué de se plaindre des ressorts du matelas. Je meurs d'envie de t'écrire mais tu dois dormir déjà.

Demain, comme à tous les matins, on se donnera des nouvelles, toi et moi.