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...tout habillés, sur la banquette arrière de ma voiture.

Ce soir-là, je revenais d'une réunion. Tu revenais du travail. Nos déplacements concordent, tu m'attends dans le parking d'un restaurant. nous jasons à l'extérieur de nos véhicules. Il fait noir au-dessus des lampadaires. Il fait beau tout autour. Une température estivale qui permet la jupe. L'air est bon, l'ambiance de notre espace vital, notre bulle, notre cage de verre, est parfaite. Toutefois, l'environnement se fait peu romantique, peu tranquille : aux abords d'une autoroute. Peu importe l'environnement, notre cage de verre est munie de rideaux occultants. De l'intérieur, ni la lumière, ni le bruit des voitures ne peuvent perturber ce moment qui nous appartient, ce moment juste à nous. Tu caresses ma jambe de la cheville au genou. J'aime ta main sur ma jambe, tes doigts sur ma peau et je t'aime alors je ne repousse jamais tes contacts. Tu le fais parce que tu m'aimes d'ailleurs. Tu me le dis souvent. Alors je n'ai pas de réserve, c'est notre intimité et tu la désires aussi. Tu y fais allusion parfois. Je suis pudique mais tes caresses, je ne les refuse jamais, je ne fais qu'une avec toi. Entre nos esprits et nos corps, il n'y a pas de barrières. Pourtant, ils existent, ces murs... Ils nous entourent, nous emmurent, toi et moi.

Puis on s'est touché, enlacé, embrassé les yeux fermés. J'ai croisé mes doigts avec les tiens, tu as caressé ma jambe de la cheville à la cuisse. Puis ma jupe. Je ne me souviens plus des sujets de conversation. French kiss. Tu as ouvert la portière arrière, on est entré dans la voiture puis on s'est mélangé. On s'est embrassé pour se faire du bien. J'ai croisé mes doigts avec les tiens. Tu m'as goûtée. Je me suis assise sur toi et tu m'as dit : "C'est toi que j'aime."

Tu avais la mâchoire détendue, le regard altéré. On s'est regardé tous les deux, tu restais debout près de ma voiture. J'aurais juré que tu ne voulais plus partir. Je ne voulais plus partir. J'avais repris place sur le banc conducteur et ouvert la fenêtre. Nos regards se fondaient l'un dans l'autre.

Je t'ai demandé : "Qu'est-ce qu'on va faire?"

- Je ne sais pas.

 

Nous sommes partis, chacun chez soi.

Moi dans ta tête. Toi dans ma tête.