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Tous les mercredis soir, je suis au ballet. Dans ce cours, il y a des jeunes filles qui dansent depuis l'âge de 4 ans. Je me souviens vaguement... J'ai suivi deux cours de ballet dans le passé... à 7 ans puis à 27 ans. Bon nombre d'années plus tard, je me retrouve, après évaluation, dans ce cours qui rassemble de jeunes adultes et quelques adolescentes qui on tout près de l'âge de mes enfants. Ah oui et moi pleine d'ambition, je débute les pointes. Pourquoi pas? Le ballet, c'est mon yoga.

Alors chaque milieu de semaine, en soirée, je me coiffe en ballerine et je pars avec mes chaussons et ma jupette de voile noir dans mon sac. "Mon sac à cachette", comme si c'était ton sac de golf, Babe. Moi, mon sac à cachette, c'est mon sac de ballet. J'y laisse des notes écrites tout au fond. Des bribes de journal intime. Je tiens la garde autour de ce sac. Quand des enfants me demandent de sortir les "ballet shoes", c'est moi qui s'en occupe.

Légère et flexible, je reçois une image de femme filiforme de la part des miroirs. J'ai le corps qui s'apparente à celui d'une adolescente. Si tu éclaires mon quotidien, si tu fais battre mon coeur et illuminer à ce point mes yeux par ta présence dans ma vie, bien ce n'est pas juste dans mes yeux que ça se réflète. Je le vois ainsi chaque semaine. Depuis que l'on se côtoie, j'oublie mon âge réel. Je me sens jeune d´esprit, de coeur et de corps aussi.

J'aime sortir au ballet car ça me permet de te texter quelques minutes avant le début du cours et parfois après aussi. Durant les pauses, je vérifie toujours si tu m'as écrit. J'attends tout le temps de tes nouvelles, tu me suis partout. Si mon sac est rangé près de la porte, j'imagine que je pourrais entendre le tintement de mon téléphone annonçant la réception d'un message. Des fois que...? C'est possible, non?

Dans mes déplacements, j'écoute la radio de soirée, des musiques qui collent à mon temps et à mes humeurs souvent. Je chante à tue-tête dans la voiture. Parfois, je danse aussi. Je souris tout le temps, je suis tout le temps heureuse. Tu cliques "j'aime" sur la photo de pointes que je publie sur le réseau social. Je me demande ce que les gens pourraient penser mais n'y accorde pas trop d'attention. Tu cliques "j'aime" sur mes publications parfois, c'est comme ça. Je fais pareil et si tu me contactes pour que je lise l'une ou l'autre de tes publications, je clique "j'aime" aussi lorsque ça me plaît. Avant, je me souviens, la Rose de St-Exupéry et toi faisiez pareil pour vos publications. Plus maintenant.

De vive voix, lors d'un petit moment de visite, je finis par la poser cette question qui a pour but évident de m'assurer que tu n'es pas de ceux qui ont une vie socio-intime un peu trop riche : "As-tu quelqu'un d'autre dans ta vie avec qui tu alimentes une telle relation?"

"Non, voyons! Avec le travail, les enfants, tout le temps que je passe avec toi, c'est impossible." 

Je suis satisfaite ou rassurée peut-être. Pourtant, je connaissais déjà la réponse. J'avais envie de t'entendre le dire. De vive voix c'est mieux que d'y croire simplement. Ah! Finalement... Ça me rassure.