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"Tu portes quelle taille de chandail?"  

- Ben... large, Babe.

- Ben large...tu veux dire Xtra large?...  ;-))

- Non, large.

- Et ton adresse courriel c'est quoi?

- Voilà. Pas de trait d'union, pas de point.

- Je mets un trait d'union?

- Je t'ai dit pas de trait d'union, chérie.

Je manque d'attention cette fois-là. J'entre dans ta vie personnelle encore plus personnelle quand tu me demandes de t'inscrire à une course. Je suis déjà inscrite avec une copine qui n'est pas vraiment copine, une connaissance que je ne connais pas vraiment.  "J'ai envie d'y participer et ça serait drôle si tu m'occupais de mon inscription", me dis-tu.  "Je te rembourserai." Quelle excellente idée!... Celle de participer tous les deux à cette course nocturne. Tu y rejoindras un ami. Je ne sais pas qui.

Nous nous organisons donc pour faire une partie du trajet en covoiturage. C'est plus agréable ainsi. C'est même hyper agréable à mon avis mais... Dans mon coeur, ce que je ressens c'est encore plus fort : je vole, je suis bien avec toi à côté de moi.

Il fait froid ce jour-là, tout comme une journée de fin d'été. Nous allons chercher nos chandails et lampes frontales, obligatoires pour les participants de cette course. Un échauffement pré-course est organisé. À l'entrée du site, nous levons discrètement la main en guise de remerciement. "Pas de photo merci."  (Verrais-tu ça???) On se joint au groupe d'échauffement sans trop d'enthousiasme. J'essayerai de trouver ma copine de course tient... Alors je me retire un moment.

Je ne la trouve pas. Bon! Ton ami? Il a dû décliner finalement. On ne le verra pas.

C'est le départ. Il fait noir, nous sommes tous un peu aveuglés par ces lampes frontales. Nous ne sommes pas dans la même vague de départ. On se perd de vue. La consigne est établie d'avance, si on se perd, on se retrouve à mon véhicule. Je te revois finalement à l'arrivée. Tout s'est bien passé. On attendra l'affichage des résultat au panneau de bois. C'est là que je reconnais celle que je devais joindre plus tôt.  Elle est là avec son copin. Elle et moi nous nous saluons; tu te retires discrètement.

"Viens avec nous, allons voir les kiosques..."

Avec peu d'envie : "Dac!" (Je feins la fatigue.)

Et là, au même moment, j'entends la musique d'animation sur le site de l'événement : "Lights" d'Ellie Goulding.

Je regarde tout autour de moi. Je sais que tu aimes cette musique. Mais... Tu es où??? Je te cherche tout autour en tournant la tête. Tu es là, dos à moi. Je n'ai qu'une idée, qu'une envie, c'est d'aller te prendre dans mes bras pour te surprendre... "You show the lights that stop me turn to stone; You shine them when I'm alone." Je veux le souvenir de ce moment-là dans ma mémoire... 

"Allé, tu viens?" On me tire vite de ma rêverie.

Je les suis au kiosque de mesure de je ne sais plus trop quoi. Il y a une file d'attente. Je feins de nouveau la fatigue. Il fait noir, j'ai de la route à faire pour retourner chez moi puis j'ai froid. L'inconfort quoi! Elle comprend. On se reparlera! (On ne se reparlera plus en fait.)

Je te retrouve près du stationnement. Nous avons froid, alors nous quittons. Plus tôt, j'ai manqué le moment parfait pour te surprendre. J'aurai plein d'autres occasions, j'aime l'idée de te surprendre et j'en ai vraiment envie.

On s'arrête à un café sur le chemin du retour. Sans trop y penser, je gare la voiture sous un lampadaire, face à la vitrine du resto. Je t'embrasse, tu m'embrasses. French kiss. On se prend bien fort dans nos bras. 

"L'endroit n'est pas trop intime."

- On se retirera la prochaine fois. J'ai envie de toi.

Puis je te dépose à ton véhicule. French kiss. On se suivra pendant quelques kilomètres.

Tu m'envoies un texto : 

"Motel?"

Je te désire trop. "Oui où?"

On s'arrête à nouveau pour se prendre dans nos bras. French kiss. La prochaine fois, on s'entend, on ne gare pas la voiture sous un lampadaire. On fera comme eux, la voiture là au fond du parking près des clôtures.

Nous sommes figés, nous en brûlons d'envie mais c'est aussi immoral. Nous sommes attendus chacun chez soi.

- Prudence Babybabe, pas de texto au volant.

- Dac, toi non plus. Je t'aime Babe. Bon retour, bonne nuit.

 

Alors un jour on fera l'amour... Parce qu'on n'en peut plus de se retenir, parce que le désir est brûlant. Nous nous aimons profondément.