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Où ressens-tu cet amour que tu as pour moi... Dans tes tripes? Ton ventre? Je ne sais pas quoi répondre. Tu habites tout mon intérieur. Alors... Les deux je te dis.

Je continue à fondre. Aux gens, j'explique que je change mon alimentation, ce qui est vrai. Je m'adonne à la course de façon régulière, je compte les kilomètres à coup de 5.  À fond le cliché : je vis d'amour et d'eau fraîche. Je ne mange que très peu, je coupe mes portions au maximum. J'écoute mes appétits qui s'amenuisent et m'affaiblissent. Je m'étends plutôt que d'avaler un dessert. Ma bouche. Plus rien ne la satisfait outre la tienne. Je ne veux rien d'autre.

Tu finis par t'y mettre aussi, à la course. Je le vois, tu fonds. Facile à expliquer, diagnostic de pathologie oblige, on change l'alimentation et on se met au sport.

Tu magasines aussi de nouveaux vêtements et me demande conseil.

Tout arrive en même temps. C'est aussi l'été des papillons. Tu en as plein le ventre, j'en ai plein le ventre aussi, ils habitent tout mon intérieur, ils me portent.

Je me sens fébrile à tout instant. Tous mes sens sont exacerbés. Je perds 9 kilos et le double en années dans mon coeur et dans ma tête. Je suis une jeune adulte mère de deux enfants frôlant l'adolescence. Je me sens revivre, c'est bien grâce à toi.

Tu me fais rire, m'accompagnes dans toutes mes occupations. Ces papillons que j'ai dans le ventre, ils viennent de toi. Ils passent de tes yeux aux miens, de ta langue à la mienne, de ta bouche à mes oreilles, de tes doigts à mes jambes, de tes désirs aux miens. Aussi, ils font encore de moi une femme intelligente et extraordinaire. Merci, je ne te le dirai jamais assez.

Plus rien n'importe. Je déteste tout le matériel qui m'entoure. Je n'ai aucune attache, ni à mon travail, ni à mon conjoint, ni à mes amis, ma famille. Mon univers tourne autour de toi et je suis bien ainsi. Pour vivre, je ne veux rien d'autre. Tout le reste, c'est accessoire, je déteste le superficiel. Tu es heureux? Je suis heureuse. C'est pareil pour toi, je le sens, je l'entends, je le sais Babe et tu fais tout pour que je le sois.

Tu n'as aucune imperfection. De mon intérieur, je remercie souvent tes parents de t'avoir mis au monde.

Dans la voiture, je m'approche de toi : "J'ai des papillons. Toi, en as-tu? ...Encore?"

Le reflet de tes prunelles dans les miennes : "Oui j'en ai."