love-130v[1] (2)

Je perds mes moyens. Mais qu’est-ce que j’ai?

Je n’écoute pas, je ne vois plus rien.  Dans ma tête, mon cœur, mon âme, je suis seule avec mon bonheur de Mec. Heureuse, plus rien ne m’importe.

 

Je deviens sourde aux paroles qui me sont adressées. Au beau milieu des discussions, on me demande parfois si je vais bien.

Par ailleurs, mes interventions lors de discussions ressemblent de plus en plus à :

« Qu’est-ce que tu veux dire? »

« …Je ne te suis pas. »

« Peux-tu répéter s’il te plaît? »

Parfois, je tente une intervention sur un ton assuré : « oui! »

« Euh… Oui?  Ahahahaha… »  Là, je comprends que « oui » n’a pas sa place dans la conversation (qui n’en est pas une d’ailleurs puisque je ne fais que semblant d’écouter).

«Excuse-moi. Tu me disais quoi? J’ai perdu le fil de l’histoire. »

Un bon matin, j’estampe les enveloppes de retour avec l’estampe du compte de banque.  Les maladresses s’enchaînent. Mon manque de concentration fait que j’ai du mal à me mettre à la tâche. Je mets de côté certaines tâches auxquelles je dois m’attarder. Je ne m’y mettrai jamais.

Je ne contrôle plus rien que la nourriture. En fait, je n’ai plus faim. Je mange des portions fortement réduites. Je ne déjeune plus, ne dîne plus. Mon estomac est noué. Je grignote souvent. Je joins ma famille pour le souper puis avant d’en être au dessert, je vais m’étendre au salon. Affaiblie, je ne tiens plus. Je maigris. Je cours aussi alors c’est normal. Je ne mangerai que 2 cerises et un yogourt aux cerises lorsque tu apporteras tout le nécessaire pour faire des sandwichs roulés au fromage et au jambon bio pour notre premier et dernier pique-nique. Je prendrai une gorgée de vin de table (le philtre?) que tu auras versé dans une gourde. J’aime le vin. Pas dans une gourde.

Tous mes vêtements sont maintenant trop grands. Je magasine des chaussures à talons plats.

 

Diagnostique : je tombe follement amoureuse de mon bonheur de Mec.